Après plusieurs années de turbulences, le marché immobilier de l’ancien montre enfin des signes clairs de redémarrage. Les volumes repartent à la hausse, les prix se stabilisent puis progressent dans de nombreux territoires, et la confiance revient progressivement chez certains acheteurs. Mais cette dynamique est-elle amenée à durer, dans un contexte économique et politique encore fragile ? Les derniers indicateurs invitent à un optimisme mesuré.
Un contexte économique toujours incertain
Depuis deux ans, l’économie française évolue dans un climat instable. Incertitudes politiques, débats autour des finances publiques, hausse de la dette souveraine : autant de facteurs qui pèsent sur la confiance des ménages comme des investisseurs. Contrairement à certains pays européens qui amorcent une reprise plus visible, la France reste en retrait, avec une croissance attendue faible au moins jusqu’en 2027.
Cette situation se traduit par une prudence accrue des ménages. Les enquêtes de conjoncture ont longtemps mis en évidence une dégradation du moral des Français, notamment en matière de pouvoir d’achat et de perspectives d’avenir. Pourtant, contre toute attente, le marché de l’ancien a su enclencher un retournement de tendance.
Le retour progressif de l’activité dans l’ancien
Dès le printemps 2024, les signaux se sont inversés. Après une baisse significative des prix entre 2022 et début 2024, le marché a retrouvé un point d’équilibre. Cette correction a joué un rôle clé : elle a permis à de nombreux vendeurs et acquéreurs de revenir à la table des négociations.
Depuis, les prix repartent modérément à la hausse dans une large majorité de territoires, aussi bien en ville qu’en zone rurale. Cette évolution accompagne une reprise franche des transactions. Les volumes de ventes progressent mois après mois, portés notamment par le retour des propriétaires revendeurs et par une demande plus solvable qu’au cours des années précédentes.
Si les primo-accédants restent pénalisés par des exigences d’apport plus élevées, le marché bénéficie d’un report de la demande vers des profils plus aisés, capables de concrétiser leurs projets malgré un environnement contraint.
Une demande forte face à une offre limitée
Autre facteur clé de cette reprise : la pénurie de logements disponibles. La crise profonde de la construction neuve réduit mécaniquement l’offre globale, renforçant la pression sur le parc ancien. Dans ce contexte, la demande, bien que bridée par des conditions économiques peu favorables, reste soutenue.
Cette tension explique en partie la remontée des prix observée dans de nombreuses villes et contribue au maintien d’un niveau d’activité élevé, malgré les freins persistants liés au crédit et au climat économique.
Des conditions de financement encore restrictives
Sur le plan financier, la situation reste contrastée. Les taux de crédit immobilier ont reculé après leur pic de 2024, avant de se stabiliser. Cette accalmie a permis une reprise de la production de crédits, en nette augmentation sur plusieurs années.
Toutefois, les perspectives restent prudentes. La Banque centrale européenne devrait maintenir une politique monétaire stable à court terme, avant un possible resserrement progressif à partir de 2027. Autrement dit, les conditions de financement ne devraient pas s’améliorer significativement, mais elles ne se dégradent pas non plus brutalement.
Un redressement durable, sans emballement
Malgré ces contraintes, le scénario d’un nouveau retournement du marché apparaît peu probable. La reprise engagée repose sur des bases plus saines : ajustement des prix, retour progressif de la demande, amélioration de l’offre bancaire.
Les projections indiquent une poursuite de la hausse des transactions dans l’ancien sur les prochaines années, avec un rattrapage progressif des niveaux observés avant la crise. Le marché ne retrouvera pas immédiatement les volumes records d’avant 2020, mais il s’oriente vers un nouvel équilibre, plus réaliste et plus durable.
Ce qu’il faut retenir
Le marché de l’ancien est clairement sorti de sa phase de repli. Sans euphorie excessive, il avance désormais sur une trajectoire de reprise structurée, portée par des ajustements nécessaires et une demande toujours bien présente. Dans un environnement encore incertain, cette résilience confirme que l’immobilier reste une valeur de long terme, à condition d’être bien accompagné et correctement positionné sur le marché.

