Après plusieurs mois de débats parlementaires et le rejet de nouvelles motions de censure début février, le projet de loi de finances pour 2026 a été adopté dans sa version définitive. Il doit encore franchir l’étape du Conseil constitutionnel, mais les grandes orientations sont désormais connues.
Rénovation énergétique, investissement locatif, aides au logement ou fiscalité des biens vacants : le secteur immobilier est directement concerné. Tour d’horizon des principales mesures à retenir.
MaPrimeRénov’ : une reprise très attendue
C’est l’une des annonces les plus scrutées par les propriétaires. Suspendu au 1er janvier 2026 faute de budget, le dispositif MaPrimeRénov’ va faire son retour dans les tout prochains jours. Sa réouverture interviendra au plus tard dix jours après la publication de la loi de finances au Journal officiel.
L’enveloppe budgétaire consacrée à la rénovation énergétique s’élève à 3,6 milliards d’euros, un montant équivalent à celui de l’an passé. Grâce à un recours accru aux Certificats d’Économie d’Énergie, l’État espère optimiser le financement des aides.
Concrètement, ce budget permettra de soutenir :
environ 150 000 rénovations ciblées (chauffage, fenêtres, isolation),
près de 120 000 rénovations globales de logements.
Une bouffée d’oxygène pour les ménages, mais aussi pour la filière du bâtiment et les propriétaires souhaitant améliorer la performance énergétique de leurs biens.
Un nouveau dispositif pour relancer l’investissement locatif
Le budget 2026 marque la naissance d’un nouveau cadre fiscal destiné aux bailleurs privés : le régime Relance Logement, également appelé dispositif Jeanbrun.
Dans le neuf
Les investisseurs pourront bénéficier d’un amortissement fiscal annuel, sous conditions de plafonnement des loyers :
- 3,5 % par an pour un logement à loyer intermédiaire (plafonné à 8 000 €),
- 4,5 % pour un logement social (plafond à 10 000 €),
- 5,5 % pour un logement très social (plafond à 12 000 €).
L’avantage est conditionné à un engagement de location de 9 ans, sans contrainte de zonage.
Dans l'ancien
Le dispositif s’adresse également aux logements anciens, à condition d’engager des travaux lourds représentant au moins 30 % du prix d’acquisition.
Les taux d’amortissement sont alors de :
- 3 % pour un loyer intermédiaire,
- 3,5 % pour un loyer social,
- 4 % pour un loyer très social,
Avec un plafond annuel d’amortissement fixé à 10 700 €, et là encore un engagement de location sur 9 ans, applicable sur l’ensemble du territoire.
APL : une revalorisation confirmée
Logements vacants : vers une taxe unique
Initialement envisagé, le gel des aides personnalisées au logement n’aura finalement pas lieu. Les APL seront revalorisées à hauteur de l’inflation en 2026, une décision qui vise à préserver le pouvoir d’achat des ménages.
À noter toutefois : à compter de la rentrée 2026, les étudiants étrangers hors Union européenne non boursiers ne bénéficieront plus de ces aides.
Autre évolution majeure : la réforme de la fiscalité des logements inoccupés. À partir du 1er janvier 2027, la Loi de Finances prévoit la création d’une Taxe sur la Vacance des Locaux d’Habitation (TVLH).
Cette taxe unique remplacera les dispositifs existants (TLV et THLV) avec un double objectif :
simplifier la fiscalité,
offrir davantage de latitude aux communes, qui pourront augmenter le taux jusqu’à deux fois le niveau actuel pour inciter à remettre sur le marché les logements durablement vacants.
Un cap affiché pour la construction neuve
Enfin, en marge du budget, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté fin janvier le Plan Relance Logement, dont l’ambition est claire : 2 millions de logements neufs construits d’ici 2030.
Un signal fort envoyé aux professionnels du secteur, dans un contexte où la production de logements reste sous tension.
Ce qu’il faut retenir
Le budget 2026 marque une volonté de rééquilibrer le marché immobilier, entre soutien à la rénovation, relance de l’investissement locatif et lutte contre la vacance des logements. Autant de leviers qui auront un impact direct sur les stratégies des propriétaires et investisseurs dans les mois à venir.
Chez Chaix Immobilier, nous restons attentifs à ces évolutions pour accompagner nos clients avec une lecture claire et concrète des nouvelles règles du jeu.

